En 2026, on n’est pas encore dans une mise en œuvre tarifaire, mais dans une phase d’appropriation, de test et de retours d’expérience. L’ATIH indique que les modèles ont été ajustés après les premiers retours 2025, avec mise à disposition de nouveaux paramètres, d’une restitution séjour par séjour et de tableaux de casemix comparatifs sur M12 2025.
Nouveautés majeures du modèle
Le changement principal est le passage d’une logique de CMA maximale isolée à une logique de CMA multiples : le niveau du séjour dépend désormais de la combinaison des diagnostics associés retenus, puis d’effets ajoutés.
Le groupage suit 4 étapes :
- sélection des diagnostics et attribution des niveaux ;
- comptage des diagnostics par niveau ;
- détermination de la sévérité médicale ;
- ajout éventuel des effets FSE (facteurs socio-environnementaux), des soins palliatifs et de l’âge.
Les diagnostics ne sont pas tous cumulés : le modèle applique des exclusions DP/DAS, des exclusions DAS/DAS, puis retient les diagnostics complémentaires par dimension médicale.
MCO
Deux modèles sont proposés : un modèle à 4 niveaux et un modèle à 5 niveaux. Le modèle à 5 niveaux ne modifie pas les niveaux 1 et 2 ; il redistribue surtout les anciens niveaux 3 et 4 en niveaux 3, 4 et 5, pour mieux distinguer les séjours lourds et très lourds.
Les effets ajoutés MCO comprennent les facteurs socio-environnementaux (FSE), les soins palliatifs et l’âge. Pour le modèle à 5 niveaux, les FSE peuvent majorer les séjours de niveau 1, 2 ou 3 ; les soins palliatifs peuvent amener un séjour niveau 1 ou 2 en niveau 3, et un niveau 3 en niveau 4.
L’ATIH estime que le modèle MCO 4 niveaux améliore la performance économique à nombre de GHM constant, et que le modèle 5 niveaux apporte une finesse médicale supplémentaire avec une forte amélioration de performance économique.
SMR
Le point fort est l’intérêt du modèle à 3 niveaux, moins binaire que l’actuel modèle à 2 niveaux. Les documents indiquent que le modèle multiple améliore la performance sur la durée de séjour et sur les coûts.
En SMR, les diagnostics MMP/DAS et certains actes CCAM sont utilisés ; les FSE et les soins palliatifs interviennent également comme effets ajoutés.
FSE et soins palliatifs
Les facteurs socio-environnementaux (FSE) deviennent beaucoup plus visibles dans le modèle. Ils ne sont plus seulement périphériques : certains codes socio-environnementaux peuvent modifier le niveau final. L’ATIH teste 123 codes FSE et en retient une partie selon leur effet sur durée et coût ; les documents publiés par l’ATIH citent notamment le logement, la pauvreté, l’absence de structures ou d’aidants, l’AME, l’absence de couverture sociale.
Le code Z51.5 de soins palliatifs est traité comme un effet ajouté transversal MCO/SMR.
Outils 2026
Deux restitutions sont centrales :
Le casemix nouvelles sévérités, transmis via eTransfert, permet de comparer le casemix actuel et les nouveaux modèles par établissement, avec analyses MCO par CMD, sous-CMD et racine, et SMR par CM, GN et GL. (ATIH)
L’outil Expérimentation sévérité permet de voir, séjour par séjour, le groupage actuel et le groupage obtenu avec les nouveaux modèles, puis d’exporter les résultats pour croisement avec les données PMSI internes. (ATIH)
Impacts DIM
Pour le DIM, les points de vigilance sont clairs :
- Le codage exhaustif et juste des DAS devient encore plus stratégique, car plusieurs diagnostics peuvent désormais contribuer ensemble au niveau de sévérité.
- Les facteurs socio-environnementaux doivent être mieux repérés, documentés et codés, car certains peuvent avoir un effet direct sur le niveau final.
- L’analyse de case-mix devra être refaite : un établissement peut voir sa distribution de sévérité changer sans changement clinique réel, uniquement par effet de modèle.
- Il faudra comparer les séjours basculant de niveau, surtout les passages vers les niveaux élevés MCO 4/5 et SMR 3.
Enfin, 2026 doit être utilisée comme une année de retour terrain : l’ATIH prévoit d’améliorer les paramètres, exclusions, règles et outils selon les remontées des établissements.
Conclusion
La nouveauté 2026 n’est pas la mise en production, mais la concrétisation opérationnelle de l’expérimentation : paramètres révisés, outils disponibles, restitution M12 2025, comparaison casemix et retour séjour par séjour.
La réforme est majeure : elle transforme la sévérité d’un modèle centré sur la CMA maximale vers un modèle de polypathologie pondérée, avec prise en compte explicite des FSE, des soins palliatifs et de l’âge.

